{"id":13,"date":"2023-03-14T19:16:09","date_gmt":"2023-03-14T18:16:09","guid":{"rendered":"http:\/\/poemesetmuses.fr\/?page_id=13"},"modified":"2025-03-10T14:35:58","modified_gmt":"2025-03-10T13:35:58","slug":"poemes-en-prose-et-essais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/poemesetmuses.fr\/index.php\/poemes-en-prose-et-essais\/","title":{"rendered":"Po\u00e8mes en prose et essais."},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>La po\u00e9sie en prose est une gourmandise qui se passe de recette, toutefois, on lui reconnait toujours un certain fondant.    <\/em><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Halloween et Baudelaire. <\/em>\n\nD\u2019aucuns ont peur de la mort et de ses visions, des froids cimeti\u00e8res, des grands fant\u00f4mes de draps blancs qui vont en silence, des sorci\u00e8res aux ongles taill\u00e9s, aux cr\u00e2nes d\u00e9pouill\u00e9s, et des caveaux sordides o\u00f9 les vers festoient sur les cadavres puants. D\u2019aucuns ont peur de ces majestueux monstres marins qui habitent les gouffres amers, ceux qui de leurs tentacules difformes broient les puissants vaisseaux et hantent le sommeil des \u00e9quipages ext\u00e9nu\u00e9s, ceux qui parcourent inlassablement la profondeur des oc\u00e9ans, ayant pour seule maison les vestiges somnolant de cit\u00e9s englouties. D\u2019aucuns encore, sont terrifi\u00e9s par tout ce que la Terre a de tendre \u00e0 offrir ; for\u00eats fourmillantes, baies rouges, escargots, palais dor\u00e9s et chaumi\u00e8res, grottes bleut\u00e9es, viandes juteuses, champs de bl\u00e9s et r\u00e9coltes plantureuses, aventures irr\u00e9guli\u00e8res, chemins de traverse, grands d\u00e9fil\u00e9s et liqueurs odorantes, tout les effraie. D\u2019autres, enfin, craignent l\u2019amour, quand il est puissant et qu\u2019il prend au c\u0153ur, l\u2019amour \u00e9clatant, qui rallume les \u00e9toiles et humilie la raison.\n\nQuant \u00e0 moi, je dois bien l\u2019avouer, je ne redoute pas ces douces atrocit\u00e9s, qui bercent mes moments de gaiet\u00e9 et colorent mes nuits de divertissantes histoires. Oui, depuis quelques jours, je ne crains plus ces pompeux mirages qui me terrifi\u00e8rent jadis, et qui se fardent de couleurs trop criardes \u00e0 mon go\u00fbt. J\u2019ai d\u00e9sormais une peur bien plus tenace, puisque je crains la jeune sorci\u00e8re qui habite en bas de chez moi. Certes je ne crains pas les \u00e9lixirs jaunes et violac\u00e9s qu\u2019elle confectionne patiemment le soir, la lune pour seul projecteur, et ne fait pas grand cas non plus des incantations sordides qui remontent parfois de ma chemin\u00e9e. Je suis presque attendri par les petites brioches aux myrtilles, satur\u00e9es d\u2019arsenic, que je trouve parfois au pas de ma porte les jours de f\u00eates, et les g\u00e9missements des colombes offertes en sacrifice apaisent mon sommeil et emplissent ma chambre d\u2019une chaleur r\u00e9confortante. Tout cela mes chers amis, je m\u2019y suis habitu\u00e9, peut-\u00eatre m\u00eame attach\u00e9, et la source de mes cauchemars ne s\u2019y trouve pas. Enfin, plongeons dans l\u2019horreur. \n\nJe suis terrifi\u00e9, affol\u00e9, \u00e9pouvant\u00e9 par les mains de ma sorci\u00e8re. Des mains l\u00e9g\u00e8res et multicolores, par\u00e9es de bijoux lugubres, t\u00e9moins d\u2019alliances secr\u00e8tes et d\u00e9fendues, des mains d\u00e9bordantes de gr\u00e2ce et de contr\u00f4le, des mains de f\u00e9e comme je pensais ne jamais en revoir et qui, quand elles fr\u00f4lent ma peau pour y dessiner des formes aux caract\u00e8res insondables, \u00e9veillent en moi de doux souvenirs enfouis. Quand ces doigts maudits courent sur mon bras pour y tracer de belles aquarelles, c'est tout en moi qui tressaille. Je m\u2019accroche alors fermement \u00e0 cette main qui devient mon seul guide, t\u00e2tonnant dans les couloirs, tr\u00e9buchant dans les escaliers sombres, toute confiance donn\u00e9e \u00e0 ma nouvelle Ariane. Je deviens ce damn\u00e9 sans lampe qui, amoureux de son bourreau, marche rieur vers son propre jugement, et je ne pense plus qu\u2019\u00e0 ces doigts en fleurs, qu\u2019\u00e0 ces mains de f\u00e9e qui furent mon extase et mon ch\u00e2timent, ces doigts de sorci\u00e8re qui m\u00e8nent aux <em>Paradis artificiels<\/em>. \n\n<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Lisbonne 2023. <\/em>\n\nUne foule, une foule immense autour de moi, qui m\u2019enveloppe comme le sable enveloppe la seiche peureuse. Et dans le ciel bleu, s\u2019\u00e9l\u00e8vent ces drapeaux, ces milliers de drapeaux, verts et jaunes, rouges et bleus et blancs, roses, pourpres ou mauves, noirauds et opalescents, beiges parfois, blancs souvent, d\u00e9coup\u00e9s au centre, sur les c\u00f4t\u00e9s aussi, et ces milliers de drapeaux se regardent, fiers, s\u00fbrs de leurs droits, porteurs de tant d\u2019histoires, de tant d\u2019h\u00e9ros et de m\u00e9chants hommes, de tant de grandeur et de mis\u00e8re, chaque drapeau comme le t\u00e9moin des si\u00e8cles qui le fa\u00e7onn\u00e8rent, goguenard, valeureux et fragile, pr\u00eat \u00e0 engloutir et \u00e0 \u00eatre englouti, comme le soldat effront\u00e9 qui d\u00e9cide d\u2019en d\u00e9fier des milliers d\u2019autres, comme le voleur accul\u00e9 qui d\u00e9cide pour la premi\u00e8re fois de se retourner et d\u2019affronter le vacarme de ses fautes et ainsi, le silence tombant presque sur le jardin en fleurs, ayant pour seul ami le glougloutement pervers de la fontaine adjacente, j\u2019assistais \u00e0 la confrontation la plus majestueuse et la plus violente qui me fut donner de voir, petite seiche peureuse perdue au milieu de la foule.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em>Dans les rues de Paris. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et le policier furieux, remonte la rue, interroge.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais enfin, on ne dispara\u00eet pas comme \u00e7a, o\u00f9 est-il le truand, le vaurien, l\u2019\u00e2ne sans t\u00eate, qu\u2019on me le retrouve ce gar\u00e7on-l\u00e0.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme de coutume, j\u2019\u00e9tais la cible de ces grossi\u00e8res injures, ce qui, \u00e0 vrai dire ne me f\u00eet pas grand effet, et tout \u00e0 fait enivr\u00e9 j\u2019observais la sc\u00e8ne du coin oppos\u00e9, depuis lequel j\u2019attendais le moment opportun pour filer. Ou du moins c\u2019est ce qu\u2019on d\u00fbt penser les deux vieilles bourriques qui me d\u00e9nonc\u00e8rent, et c\u2019est d\u2019ailleurs le t\u00e9moignage qu\u2019elles donn\u00e8rent ensuite. A tort, puisqu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9 mon regard \u00e9tait perdu dans les nuages blancs, blancs et mauves, comme l&#8217;est parfois celui des \u00e9tudiants qui, entre deux le\u00e7ons, laissent vagabonder leur esprit librement, jusqu&#8217;\u00e0 concevoir une multitude de mondes \u00e9tranges et lointains, sorte d&#8217;\u00e9vad\u00e9e po\u00e9tique n\u00e9e de l&#8217;ennui et de la lassitude, comparable \u00e0 ses roses au caract\u00e8re rebelle, bien d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 \u00e9clore au milieu des ronces et du fumier. Le policier, maintenant arriv\u00e9 \u00e0 mon niveau, tenta de me sortir de ma torpeur, sans succ\u00e8s. Il vocif\u00e9rait de sa voix rauque, m\u2019invectivant de d\u00e9cliner mon identit\u00e9 et de rendre compte des \u00e9v\u00e9nements qui venaient de se d\u00e9rouler. Il devint vite rouge, rouge de col\u00e8re et de chaleur, il devint volcanique, mais cela, je n\u2019en savais rien, puisqu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 mon regard \u00e9tait perdu dans les nuages blancs et mauves, qui avaient maintenant vir\u00e9 au rose et qui semblaient m\u2019envoyer des sourires complices depuis leur petit coin de ciel. Ce m\u00e9chant homme finit par me saisir au col,&nbsp;ce qui eut le mauvais go\u00fbt de me sortir de ma transe, et, comme r\u00e9veill\u00e9 brusquement apr\u00e8s un sommeil profond, je lui r\u00e9pliquais sans attendre ce que les nuages m&#8217;avaient gliss\u00e9 \u00e0 l\u2019oreille, conscients de la situation et toujours enclin \u00e0 aider les adolescents en situation d\u00e9licate.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Monsieur, vous \u00eates bien mal tomb\u00e9, et vous pourrez me tra\u00eener devant vos juges et vos magistrats, une chose est s\u00fbre, et le ciel me croit, je ne rendrai jamais le baiser vol\u00e9 ! <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em>M\u00eame sous l&#8217;orage<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aimerais que tout cela soit plus simple. Que l\u2019on puisse vivre, briller, br\u00fbler, sans personne autour, sans rien pour nous arr\u00eater, sans barri\u00e8re et sans volet, sans toutes ces choses du pass\u00e9 qui nous d\u00e9vorent, sans la peur, sans la pluie, sans les temp\u00eates, ou alors, des temp\u00eates, des temp\u00eates majestueuses, formidables, qui font d\u00e9coller les maisons et exploser les tourbillons, des temp\u00eates comme des r\u00e9voltes, comme des barricades, tant que mes yeux restent dans les tiens, tant qu\u2019on garde ce pr\u00e9cieux tr\u00e9sor, qui nous sera ravi un jour, par le temps, ou bien par la mort, ou bien par ma b\u00eatise ou la tienne je ne sais pas, ce tr\u00e9sor sans pareil, que les dieux nous jalousent, et qu\u2019il me co\u00fbte de ternir par ces mots mis\u00e9rables ; nos rires joyeux au milieu des bulles de savon.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em>Juste une<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crire une phrase simple, sans \u00e9quivoque, qui s\u2019\u00e9nonce et puis se note. Une phrase qui ne saurait \u00eatre d\u00e9battue, retourn\u00e9e, une phrase qui s\u2019impose, mais qui n\u2019a pas trop tourn\u00e9. Une de celles que personne ne d\u00e9boutonne,  une phrase qu\u2019on laisse longtemps flotter, pour appr\u00e9cier sa retomb\u00e9e. Une phrase qui s\u2019interdit aux grands discours. On n\u2019est ni contre,  ni pour, on savoure. Bref, une phrase de v\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\" style=\"padding-right:0;padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);padding-left:0\"><em>La science est une croyance.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019origine des math\u00e9matiques, il y a les axiomes ; des r\u00e8gles admises, indiscutables,&nbsp; car elles semblent intuitivement correctes. De ces axiomes, alli\u00e9s aux objets math\u00e9matiques qui les entourent, d\u00e9coulent les propri\u00e9t\u00e9s, les th\u00e9or\u00e8mes, des plus simples aux plus sophistiqu\u00e9s. En g\u00e9om\u00e9trie euclidienne, l\u2019un des axiomes \u00e9nonce par exemple que la droite est le chemin le plus court entre deux points. Qui pour soutenir le contraire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces axiomes sont les fondements de l\u2019\u00e9difice scientifique. La physique et l\u2019astronomie, d\u2019essence math\u00e9matique, se pr\u00eatent au&nbsp;jeu. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, tous les champs de la connaissance scientifique admettent, ou plut\u00f4t, croient en quelque chose, un socle stable sur lequel fonder le reste. &#8220;Les lois physiques qui r\u00e9gissent l\u2019Univers sont rest\u00e9es les m\u00eames depuis sa cr\u00e9ation&#8221;. Affirmation des plus \u00e9videntes\u2026 l\u2019est-elle vraiment ? En cela, la science est comparable aux autres croyances, religieuses en particulier.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, il y a quelque chose d\u2019ennuyant \u00e0 assimiler science et foi . Ces deux croyances ne semblent pas tout \u00e0 fait avoir la m\u00eame valeur. Alors, o\u00f9 se trouve la diff\u00e9rence ? Pourquoi l\u2019humanit\u00e9 s&#8217;accorde-t-elle \u00e0 donner sa confiance aux objets scientifiques, et non \u00e0 l&#8217;hostie consacr\u00e9e ?<\/p>\n\n\n\n<p>La science est une croyance efficace. Ces axiomes, n\u00e9s de la logique intuitive, ont permis de construire des mod\u00e8les qui rendent compte du r\u00e9el ; des mod\u00e8les fiables. Illustrons ; la thermodynamique est un mod\u00e8le qui d\u00e9crit entre autres la temp\u00e9rature d\u2019\u00e9bullition de l\u2019eau en fonction de la pression. Ce mod\u00e8le donne des r\u00e9sultats satisfaisants \u00e0 chaque essai, ce mod\u00e8le passe de croyance \u00e0 v\u00e9rit\u00e9 scientifique. Une v\u00e9rit\u00e9 scientifique se d\u00e9finit donc comme une croyance efficace, c\u2019est-\u00e0-dire une croyance qui d\u00e9crit si bien le r\u00e9el qu\u2019elle a pris valeur de v\u00e9rit\u00e9 dans l\u2019esprit commun. Certains oublient qu\u2019elle reste toutefois mobile, changeante dans le temps, car en r\u00e9alit\u00e9 le mod\u00e8le est toujours imparfait. On est vite tent\u00e9 d&#8217;oublier que c\u2019est une croyance ; que ce n\u2019est pas une v\u00e9rit\u00e9 immuable.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin du XIX\u00e8 si\u00e8cle. Nos physiciens, avec la physique newtonienne, pensaient \u00eatre arriv\u00e9s \u00e0 un mod\u00e8le unifi\u00e9, interpr\u00e8te fid\u00e8le du r\u00e9el. Le grand jeu \u00e9tait termin\u00e9, les \u00e9quations, unifi\u00e9es. Ou presque\u2026 car quelques probl\u00e8mes subsistaient quant \u00e0 la description des corps noirs. 20 ans apr\u00e8s, la physique classique avait vol\u00e9 en \u00e9clats, et se retrouvait morcel\u00e9e entre le relatif et le quantique, l\u2019infiniment grand et l\u2019infiniment petit. La croyance efficace fut remplac\u00e9e par une autre, plus efficace encore.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes croient en la science. Pourquoi ne croient-ils pas en Dieu ? Car la science leur a donn\u00e9 les avions, et que les avions volent. Toujours. La science soigne, la science voit dans le pass\u00e9, la science agrandit l\u2019homme. Et la foi, que fait-elle ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certains faits, ou indices comme nous les appellerons, laissent \u00e0 penser que la foi agit sur l\u2019homme, efficacement. Ces indices sont subtiles, diss\u00e9min\u00e9s. Dans le sensationnel, ce sont les miracles, les gu\u00e9risons subites, relat\u00e9s \u00e0 travers les si\u00e8cles sous diff\u00e9rentes formes. Dans le plus discret, le plus convaincant peut \u00eatre, ce sont le destin d\u2019hommes et de femmes qui changent du tout au tout. La vie des saints semble militer dans le sens d\u2019un effet concret ; les t\u00e9moignages de transcendance, les manifestations de l\u2019invisible que certains rapportent, comme quelque chose de palpable et senti, abondent dans ce sens. Pour quelqu\u2019un qui entre vierge de tout pr\u00e9jug\u00e9 dans ce monde, ces indices doivent former un appel, une ouverture \u00e0 l\u2019exploration, un test \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9. Car la r\u00e9ponse que trouve l\u2019homme au bout de cette aventure d\u00e9terminera n\u00e9cessairement sa trajectoire : fils de l&#8217;Homme ou fils de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque homme se doit alors de faire un pas vers la religion, la foi, la spiritualit\u00e9, et d\u2019essayer lui-m\u00eame son efficacit\u00e9. S\u2019il entreprend une d\u00e9marche sinc\u00e8re pendant un temps et que rien ne change, que le monde reste le m\u00eame pour et autour de lui, alors il pourra se d\u00e9faire de cette croyance, et cela sera juste. S\u2019il sent au contraire une modification v\u00e9ritable, il devra qualifier la foi de croyance efficace dans un registre similaire \u00e0 celui de la science.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison atteint ses limites, car il est certain que l\u2019efficacit\u00e9 de la foi n\u2019a pas la m\u00eame valeur que celle de la science, dans le sens o\u00f9, par d\u00e9finition, elle ne se plie pas \u00e0 la volont\u00e9 de l\u2019homme et reste fugace, indiscernable. Par exemple, on ne peut r\u00e9p\u00e9ter une m\u00eame &#8220;exp\u00e9rience spirituelle&#8221; et s\u2019attendre \u00e0 observer toujours le m\u00eame r\u00e9sultat. ( Ce point reste discutable, car certaines personnes ayant consacr\u00e9 beaucoup de temps \u00e0 la croyance religieuse, la spiritualit\u00e9, se disent dot\u00e9s de capacit\u00e9 utilisable concr\u00e8tement et \u00e0 volont\u00e9: divination, bilocation etc. ). Une fois l\u2019efficacit\u00e9 pos\u00e9e, le changement d\u00e9cel\u00e9, se poseront les questions de l\u2019origine de cette efficacit\u00e9 : Dieu, effet plac\u00e9bo, processus neuronaux encore inconnus\u2026 Il reviendra \u00e0 chacun de faire la part des choses, mais l\u2019Homme qui est venu au terme de cette premi\u00e8re entreprise peut d\u00e9j\u00e0 se flatter d\u2019avoir compris la ressemblance de nature entre science et foi et d\u2019avoir peser, en toute justice, les deux domaines sur la m\u00eame balance.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>\" Connaissez vous les derni\u00e8res th\u00e9ories ? <\/em>\n<em>\nQue c\u2019est troublant ! <\/em>\n<em>\nCertains disent que les trous noirs m\u00e8nent aux trous blancs. \"<\/em>\n<\/pre>\n\n\n\n<p>Le vendredi 23 novembre dernier, j\u2019\u00e9tais dans le m\u00e9tro. Je rentrais juste de Lausanne par une froide soir\u00e9e d\u2019hiver. Ma m\u00e8re, ma s\u0153ur et mon beau-p\u00e8re m&#8217;attendaient dans la chaleur de notre appartement de l\u2019ouest parisien pour une soir\u00e9e sushis. Vers Tuileries, un homme d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es est mont\u00e9 dans le wagon rempli, il boitait de la jambe gauche, il \u00e9tait sale, il \u00e9tait \u00e9puis\u00e9 ; c\u2019\u00e9tait un sans-abris. Ce soir-l\u00e0 je n\u2019avais pas d\u2019euros, ce qui me rassurait un peu car je me sentais de fait moins coupable. L\u2019homme a commenc\u00e9 \u00e0 mendier, passant entre les hommes et femmes de maintenant, \u00e0 vrai dire, se trainant entre les t\u00e9l\u00e9phones et pas un regard, pas un sourire, pas une main ne se lev\u00e8rent vers lui. Cet homme \u00e9tait \u00e0 bout de force, sa voix n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un tremblement, chaque pas le rapprochait du fond ; entour\u00e9 de centaines, de milliers d\u2019autres hommes et de femmes, il agonisait dans une profonde solitude. SDF de la ville lumi\u00e8re ; o\u00f9 donc \u00e9tait la lumi\u00e8re ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A Champs-Elys\u00e9es-Cl\u00e9menceau nous sommes descendus ensemble \u00e0 la recherche d\u2019un distributeur. Lui et moi, sous les \u00e9toiles et dans le froid, mais avec un peu de chaleur dans le c\u0153ur. Il s\u2019appelait Damien, il \u00e9tait p\u00e8re d\u2019une petite fille de 5 ans. Quand il en avait 16, sa m\u00e8re et son p\u00e8re \u00e9taient morts dans un accident de voiture et il s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9 seul, seul au monde, sans argent et sans famille. Alors il avait vagabond\u00e9 quelques ann\u00e9es, \u00e9tait descendu en Espagne, avait fait un an de prison pour des histoires dont il ne me parlait pas. Enfin il trouva un peu de bonheur quand il rencontra celle qui deviendrait sa femme et la m\u00e8re de sa fille. Cela ne devait pas durer. Au moment de la pand\u00e9mie, il perdit son emploi. Lui et sa femme, qui le quitta peu apr\u00e8s, se retrouv\u00e8rent \u00e0 la rue, et sa fille fut plac\u00e9e dans une famille d\u2019accueil. Tout s\u2019\u00e9croulait, encore une fois.&nbsp;Depuis, c\u2019\u00e9tait les t\u00e9n\u00e8bres autour de lui, il marchait dans le noir.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous rev\u00eemes quelques fois ; il me racontait la vie dans la rue, la violence, le vol, la drogue, le sexe. Quelques jours avant notre rencontre, une dame tr\u00e8s chic lui avait donn\u00e9 50 euros avec peu de discr\u00e9tion ; trois jeunes qui avaient suivi la sc\u00e8ne \u00e9taient venus r\u00e9clamer le billet, puis l&#8217;avaient plant\u00e9 dans la jambe. \u00c7a c&#8217;\u00e9tait le mardi. Mercredi on lui vola son sac avec ses habits d\u2019hiver. Il lui restait une veste et un gros pull et il n\u2019allait plus \u00e0 l\u2019\u00c9glise depuis que les paroissiens l\u2019avaient chass\u00e9. Un matin de f\u00e9vrier, r\u00e9volt\u00e9 par toutes ces histoires, je lui demandai :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais Damien, et toi comment fais-tu pour rester droit, pour ne pas voler, pour ne pas tuer, pour ne pas violer. Le sort s\u2019acharne, la soci\u00e9t\u00e9 te laisse, les croyants te rejettent. Tu ne dois de compte \u00e0 personne, si la justice existe, alors que le monde br\u00fble pour tout le mal qu\u2019il te fait.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Si je perds ma dignit\u00e9, alors vraiment je n\u2019aurais plus rien. Me r\u00e9pondit-il calmement, naturellement. <\/p>\n\n\n\n<p>Que sais-je des t\u00e9n\u00e8bres ? Presque rien, mais depuis ce jour je sais que dans les eaux troubles se cachent des hommes et des femmes extraordinaires, v\u00e9ritables h\u00e9ros de notre temps. Je sais que dans les trous noirs se cachent des trous blancs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em>D&#8217;elles et de moi. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019\u00e9cris pas ce recueil seul, je suis toujours accompagn\u00e9. Lorsque j\u2019\u00e9cris, je suis inspir\u00e9, guid\u00e9 par une main invisible. Je re\u00e7ois de je ne sais o\u00f9 des id\u00e9es, des mots, de la po\u00e9sie concentr\u00e9e, qui se diluent en moi et font courir mes doigts. Les muses me chuchotent \u00e0 l\u2019oreille, et je recopie ce que j&#8217;attrape au vol.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors o\u00f9 suis-je dans cette cr\u00e9ation ? Je pose ma singularit\u00e9 au moment de coucher cette \u00e9nergie lumineuse, sombre parfois, quand je choisis un mot plut\u00f4t qu\u2019un autre, une image plut\u00f4t qu\u2019une autre. La beaut\u00e9 invisible du monde passe par le prisme de mon esprit, se trouve model\u00e9e, sculpt\u00e9, color\u00e9e d\u2019une certaine mani\u00e8re. C\u2019est certainement cela, le style d&#8217;un artiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela est d\u2019autant plus vrai que j\u2019\u00e9cris en vers libres et que je ne retravaille pas mes po\u00e8mes. Ils viennent quand cela leur chante, et si je ne les accueille pas, si je ne m&#8217;arr\u00eate pour leur accorder toute mon attention, ils repartent trouver un autre passeur, <em>id\u00e9es vagabondes<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&#8217;est donc pas <em>mon art<\/em>, mais plut\u00f4t l\u2019art qui glisse entre mes doigts, qui coule par les sillons de mes exp\u00e9riences, de ma vie. Je ne suis qu\u2019un passeur, un passeur d\u2019or pour le c\u0153ur et l\u2019esprit. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi vous comprenez mieux quand je dis que ce n\u2019est pas moi qui \u00e9crit ce recueil, et pour autant ce ne sont pas tout \u00e0 fait les muses qui sculptent les morceaux de beaut\u00e9 que je re\u00e7ois dans mon esprit.<em> Po\u00e8mes, d&#8217;elles et de moi.<\/em> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La po\u00e9sie en prose est une gourmandise qui se passe de recette, toutefois, on lui reconnait toujours un certain fondant. Halloween et Baudelaire. 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